Pour délimiter, agrémenter ou protéger un terrain une palissade ou clôture en bois possède une certaine originalité et un charme intemporel.

Le bois est un matériau souple d’utilisation et d’installation qui, avec un minimum d’accessoires offre une multitude de personnalisations.

Toutefois pour être vraiment durables, les clôtures en bois doivent être fixées sur une structure suffisamment solide, rigide, pour résister au mauvais temps et particulièrement à la puissance du vent.

Bois employés pour une clôture en bois

Il est tout à fait possible de réaliser une clôture en bois avec toutes sortes d’essences, traitées ou pas, brutes ou rabotées, exotiques ou bois de pays.

Le bois peut être posé brut à la verticale, à l’horizontale, en diagonale ou assemblé en panneaux fabriqués préalablement, la créativité ou l’originalité sont presque sans limites.

La durabilité de l’ouvrage est fréquemment liée :

  • A l’entretien et il en faut un minimum mais ce n’est pas contraignant. Voir « préserver la palissade bois » plus bas
  • Au traitement de préservation lié à la nature de l’essence de bois posée, le pin n’est durable que s’il a subit un traitement
  • La qualité des fixations et comme pour le bardage au respect du sens de l’eau (pas d’eau stagnante)

Ces éléments ont tous une influence directe sur la durée de vie de l’ouvrage brise vue et délimitant votre propriété.

Le pin traité classe 4

lame terrasse classe 4

Il y en a pour tous les gouts, tous les profils et dans toutes les formes de lames, de rondins, de poteaux : clôtures bois, palissades, terrasses, etc.

Coût raisonnable, bonne durée de vie en extérieur font que ce résineux traité classe 4 est le produit en vogue ces dernières années. C’est le produit au meilleur rapport qualité prix.

Le traitement par imprégnation en autoclave (souvent) confère au pin une durée de vie de 15 ans hors sol et de 10 ans en contact avec le sol. (Données fabricants) Certains industriels poussent même les garanties de leurs produits jusqu’à 25 ans (sous conditions).

Le pin douglas

douglas bois coeur

C’est une essence assez courante en construction, aussi sous le nom de Pin d’Orégon, ce bois est très connu pour ses qualités mécaniques et sa durabilité. Il est en Classe 3 sans traitement préalable (purgé d’aubier) et se prête très bien pour la réalisation d’une clôture en bois.

On peut lui reprocher une tendance au fendillement (maitrisable) et la présence fréquente de nœuds, mais

Utilisé en palissade, en claustra (brut ou raboté) et après un traitement de saturation, le douglas a un aspect et une coloration homogène qui lui confère un style unique.

Utilisé pour une clôture en bois ou autres, le prix du pin douglas en planches épaisses reste encore à peu près abordable dans le cadre de l’aménagement paysager ou d’un jardin.

Les couleurs dominantes du douglas

Le douglas a un bois de cœur (duramen) de couleur Rose Saumon à brun rougeâtre pour un aubier qui va de blanc à jaune.

C’est une essence dont l’aspect esthétique est des plus chaleureux.

Utilisations de ce conifère

Le douglas peut être posé en bardage, assemblé pour devenir un volet en bois, débité en lames de platelage et se transformer en terrasse ou en poutres « lamellé collé », etc.

Le châtaignier

planches-châtaignier

C’est un bois de pays couramment employé pour réaliser des piquets de clôture grâce à sa très bonne durée de vie en extérieur y compris en terre.

Le châtaignier est surtout connu pour ses applications en parquet, en éléments de charpente mais aussi en lames de terrasse.

Posé en palissade ou clôture en bois, les planches de châtaignier peuvent s’employer brut et sans traitement car leur résistance aux intempéries est excellente.

Sans traitement de saturation, c’est un bois qui avec le temps, devient gris argenté.

Toutefois, pour préserver sa couleur et augmenter encore sa durabilité un traitement de préservation et l’application d’un saturateur sont les bienvenus comme sur tous les bois d’ailleurs.

La planche de coffrage

planche-coffrage-brut

Les planches en sapin/mélèze les plus faciles à trouver, qui plus est assez peu onéreuses sont les planches brutes utilisées pour les coffrages de maçonnerie.

Ces pièces de bois de coffrage sont disponibles en différentes longueurs (jusqu’à 6m) et épaisseurs/largeur (27 mm x200, 27x 250 mm, etc.)

Avec quelques précautions pour les préserver et un peu de savoir faire, elles peuvent être posées en palissade et offrir un rendu « original » à moindre coût.

A retenir : Les planches de coffrage ne sont pas toujours très calibrées, pas rabotées et présentent fréquemment des défauts structurels, mais, avec un petit savoir faire et posées verticalement c’est joli et original.

Le bois de palette, les bois blancs

A réserver à ceux qui souhaitent se lancer sans passer par une entreprise …

Difficile de garantir la pérennité de l’ouvrage clôture en bois, mais ce bois peut faire l’affaire pour séparer un jardin.

C’est long, fastidieux, peu durable mais faisable, sur de petites hauteurs ou des grandes par assemblage, pour ceux qui ont du temps ou l’envie.

Les palettes courantes ont généralement une longueur qui ne dépasse pas de beaucoup 1,2 m pour une largeur de lame d’environ 10 cm max … et une épaisseur assez faible (moins de 15 mm)

Il va falloir en démonter beaucoup pour faire une palissade -:) des accessoires et outils pour bien démonter mais le coût peut être quasi nul.

Le bois de palette est plutôt à réserver aux meubles d’extérieur, d’intérieur ou objets de décoration plus que pour la réalisation d’une clôture en bois.

Technique pose clôture bois debout

clôture bois debout bandeau

L’idée n’est pas de détailler de façon millimétrique la pose d’une clôture en bois debout mais de vous communiquer une approche généraliste.

Selon la hauteur de la clôture en bois à réaliser, les poteaux couramment employés sont en pin traité classe 4 parfois classe 3 et ont un diamètre de 90×90 mm ou 70×70 mm.

La hauteur des planches employées peut être fixe ou posée de façon aléatoire, c’est au choix de chacun.

  • Lors d’une création la 1ere étape consiste toujours à mesurer puis à mettre place le cordeau qui va modéliser l’emplacement de la future palissade.
  • Les fondations doivent être solides, suffisamment profondes (env 60 cm de profondeur x 30 cm de diamètre) et réalisées à égale distance avec le plus grand soin, la durée de vie de la clôture en bois en découle. Il y a une certaine prise au vent. La distance maximale entre chaque poteau n’est, en principe, jamais supérieure à 2 m.
  • Pour des poteaux bois de section 9cm x 9cm, nous utilisons des platines qui sont scellées dans le béton. Les poteaux servant à maintenir la clôture en bois sont insérés directement dans les platines et sont maintenus par des fixations inox ou galvanisées (acier galvanisé type B).
  • La verticalité des platines (donc des poteaux) est vérifiée à l’aide d’un niveau d’angle, l’alignement étant assuré par le cordeau placé initialement.
  • De plus comme le bois de la palissade est fixé verticalement, l’adjonction de pièces de bois de structure de même section et fixées horizontalement est requis.
  • L’entraxe entre les lisses horizontales va de 60 à 90 cm selon l’épaisseur et la hauteur du parement final.
  • Les lames de bois peuvent être fixées soit à l’aide de vis inox ou de clous annelés ou clous à bardage en quantité suffisante pour éviter tout arrachement ( la qualité de la fixation de tous les éléments est un facteur important).

Pour terminer, dans le cas de notre clôture en bois verticale, un écartement d’au moins 5 mm est laissé entre chaque planche pour permettre la dilatation du bois tout en limitant l’impact du vent sur celle-ci.

Préserver la palissade en bois

Il existe une multitude de traitements pour préserver les bois mais certains sont plus contraignants que d’autres à appliquer et à réaliser.

Comme pour les platelages et bardages, il est possible très simplement et sans trop d’effort de dégriser et de rendre un aspect très proche du neuf à des bois posés en extérieur depuis plusieurs années : Nettoyer, dégriser et préserver le bois.

Préserver la clôture avec originalité : Bois brulé

Une autre possibilité de préservation très efficace qui consiste à l’aide d’un chalumeau suffisamment puissant à bruler le bois en surface (concept du Shou Sugi Ban chez les japonais) pour créer des contrastes originaux plus ou moins prononcés.

Beaucoup de bois se prêtent à cette technique mais c’est l’essence du bois brulé et le coup de « patte » qui déterminent le rendu final.

Cette technique peut facilement être appliquée à une palissade en bois fraichement posée en lui associant quelques ingrédients supplémentaires … pour conserver l’aspect initial

La technique du bois brulé peut se faire aussi bien sur un bois raboté que brut de sciage. Dans le second cas, le brulage va éliminer toutes les aspérités …

La carbonisation du bois lui confère une protection supplémentaire contre l’humidité (entourage piscine par ex), les insectes xylophages et le feu … Dans le Calvados, est ce utile ?

Un peu de Menuiserie intérieure

Un petit raccourci vers la menuiserie intérieure où le bois brulé peut aussi être utilisé pour mettre en valeur de très vieilles boiseries maltraitées comme sur les photos ci-dessous.

Préserver un bois … brulé

linteau brule cheminee

Bois brulé en intérieur : Le linteau et les corbeaux bois de cette cheminée plutôt ancienne ont déjà été préservé … il y a eu le feu ! Un avantage, le bois de cœur est préservé, ainsi que quelques autres détails pas très visibles sur la photo : les inscriptions réalisées par les compagnons ainsi que leur monogramme et la date de réalisation.

linteau brule ceruse cheminee

Un peu de technique, un soupçon de savoir faire et beaucoup de temps plus tard … des inscriptions invisibles ou presque réalisées par les artisans « réalisateurs » de l’époque (1774) sont réapparus sur le linteau.

La technique appliquée s’appelle le cérusé, mais elle a été réalisé sur un bois brulé suite à un feu de cheminée.

Un soupçon de réglementation

Dans une majorité de situations, la pose d’une clôture ou palissade (hauteur inférieure à 2 m) se fait sans formalités préalables, toutefois une consultation rapide du Plan Local d’Urbanisme (PLU) à la mairie ne coute rien et renseigne à propos.

En revanche, dans le cas d’une propriété située en site classé, il y a fort à parier qu’une déclaration préalable de travaux soit requise.

Le délai d’instruction de cette formalité est d’1 mois ou 2 mois si votre bien est en environnement « bâtiment de France« , avec quelques contraintes supplémentaires dans le 2nd cas (plans, couleurs, matériaux, …)

La mitoyenneté de la palissade, son emprise sur la voie publique ou privée doivent aussi être prise en considération.

Règles pour l’implantation d’une clôture.